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:Toujours cette mme dfiance, farouche, implacable, envers les socits humaines !
:Bientt l'le Keeling disparut sous l'horizon, et la route fut donne au nord-ouest vers la pointe de la pninsule indienne.
:-- Au moins, demandai-je, ces pcheurs sont-ils suffisamment rtribus ?
:-- Je vous avouerai, capitaine, que je ne suis pas encore trs familiaris avec ce genre de poissons.
:En ce moment, Conseil et le Canadien entrrent, l'air tranquille et mme joyeux. Ils ne savaient pas ce qui les attendait.
:-- Moi... sans doute ! Je vois que vous y prenez got, matre Land.
:-- Dangereux, rpondit Ned Land, une simple excursion sur un banc d'hutres ! 
: Monsieur, me dit Conseil, monsieur voudra-t-il nous donner des dtails sur la pche des perles ?
:-- Sur la pche, rpondit le Canadien. Avant de s'engager sur le terrain, il est bon de le connatre.
:-- Trouve-t-on plusieurs perles dans une mme hutre ? demanda Conseil.
:-- Mais ce travail, qui consiste  sparer les perles selon leur grosseur, doit tre long et difficile, dit le Canadien.
:-- Mais, demanda Conseil, est-ce que l'on ne cite pas quelques perles clbres qui ont t cotes  un trs haut prix ?
:-- Oui, mon garon. On dit que Csar offrit  Servillia une perle estime cent vingt mille francs de notre monnaie.
:-- C'est peut-tre pour cela que Kat Tender en a pous un autre, rpondit philosophiquement matre Land.
:-- Mais, dit Conseil, qui revenait toujours au ct instructif des choses, est-ce que cette pche des perles est dangereuse ?
:Je vis distinctement la terre, avec quelques arbres pars  et l.
:Nous le suivmes tous trois, et, en quelques instants, miraculeusement sauvs, nous atteignions l'embarcation du pcheur.
:Ses yeux effars indiquaient du reste qu'il ne savait  quels tres surhumains il devait  la fois la fortune et la vie.
:Un ple sourire glissa sur les lvres du capitaine, et ce fut tout.
:Et une fois au cap de Bonne-Esprance ? demanda le Canadien avec une insistance toute particulire.
:-- Ce qui m'tonne, c'est de penser que nous y serons aprs-demain.
:-- Oui, capitaine, bien que je dusse tre habitu  ne m'tonner de rien depuis que je suis  votre bord !
:-- Jusqu' une certaine profondeur. Mais  cinquante mtres seulement se rencontre une inbranlable assise de roc.
:Bientt Djeddah s'effaa dans les ombres du soir, et le Nautilus rentra sous les eaux lgrement phosphorescentes.
:-- En effet, dis-je, aprs une attentive observation, j'aperois comme un long corps noirtre  la surface des eaux.
:-- Non, rpondit le Canadien, mais je me trompe fort, ou c'est l quelque animal marin.
:-- Oui, mon garon, rpondis-je, on en rencontre quelquefois.
:-- C'est une sirne, s'cria Conseil, une vritable sirne, n'en dplaise  monsieur. 
: Si vous teniez un harpon, matre Land, est-ce qu'il ne vous brlerait pas la main ?
:-- Merci, monsieur, rpondit Ned Land dont les yeux s'enflammrent.
:-- Peut-tre, rpliqua le Canadien ; mais, dans l'intrt de la cuisine, il vaut mieux lui donner la chasse.
:-- Faites donc, matre Land , rpondit le capitaine Nemo.
:Le patron pronona quelques mots de sa langue bizarre, et sans doute il prvint ses hommes de se tenir sur leurs gardes.
:Bientt, dans l'ombre, j'aperus un feu ple,  demi dcolor par la brume, qui brillait  un mille de nous.
:-- Et vous avez tort, matre Land, repris-je. Cette cte basse qui s'arrondit vers le sud est la cte gyptienne.
:-- A d'autres, monsieur, rpliqua l'entt Canadien.
:-- Bien, monsieur Aronnax, voil qui est sagement parl.
:-- Et maintenant, Ned, voulez-vous connatre toute ma pense sur votre projet ?
:-- Eh bien, je pense -- je ne dis pas j'espre -- je pense que cette occasion favorable ne se prsentera pas.
:-- Nous verrons bien, rpondit Ned Land, qui secouait la tte d'un air dtermin.
:-- Je m'en aperois, capitaine, rpondis-je, et pour peu que cette chaleur augmente, nous ne pourrons la supporter.
:Je croyais, dis-je, que la formation de ces les nouvelles tait termine.
:-- Le voici, rpondit le capitaine Nemo, en me montrant une carte de l'Archipel. Vous voyez que j'y ai port les nouveaux lots.
:-- Eh ! fit Conseil, si quelque pousse volcanique relevait un jour ces deux barrires au-dessus des flots !
:-- Alors, rpondit Conseil, nous avons le temps d'achever notre voyage, si toutefois Ned Land ne s'en mle pas ! 
:Et Conseil, rassur, se remit  tudier le haut-fond que le Nautilus rasait de prs avec une vitesse modre.
:Ned Land ne rpondit rien. Ses lvres serres, ses sourcils froncs, indiquaient chez lui la violente obsession d'une ide fixe.
:En ce moment, la porte du grand salon s'ouvrit, et le capitaine Nemo parut. Il m'aperut, et, sans autre prambule :
:Le capitaine s'tendit sur un divan, et, machinalement, je pris place auprs de lui, dans la pnombre.
: L'amiral de Chteau-Renaud eut la faiblesse d'obir  cette injonction, et les galions entrrent dans la baie de Vigo.
:-- Parfaitement, dis-je, ne sachant encore  quel propos m'tait faite cette leon d'histoire.
:Le capitaine Nemo s'tait arrt. Je l'avoue, je ne voyais pas encore en quoi cette histoire pouvait m'intresser.
:Je n'avais pas plutt exprim ce regret que je sentis qu'il avait d blesser le capitaine Nemo.
:-- Oui ! il a fallu que ce damn capitaine s'arrtt prcisment  l'heure ou nous allions fuir son bateau.
:-- Ce que vous me dites l, capitaine, redouble ma curiosit. Je suis prt  vous suivre.
:Aprs djeuner, vers dix heures, nous descendions sur la berge.
:-- Mais, ami Ned, rpliqua Conseil, si ce passage n'et pas t sous-marin, le Nautilus n'aurait pu y pntrer !
:En quelques instants, nous fmes en sret sur le sommet de la grotte mme.
:Cependant, le capitaine Nemo, aprs avoir termin son opration, m'avait dit :
: Je te comprends, dis-je ; mais ce calcul-l, facile  tablir d'ailleurs, ne peut donner qu'un chiffre trs incertain.
:-- Et mme mieux que la patience, rpondit Conseil, la rsignation. 
:Le Canadien secoua la tte, passa la main sur son front, ne rpondit pas, et se retira.
:-- Quoi ! Ned, rpondis-je, vous n'tes pas encore revenu de vos vieilles ides de pche ?
:-- Ah ! monsieur le professeur, que me dites-vous l ? rpliqua le Canadien d'un ton passablement incrdule.
:Je me suis mme laiss dire que le Hullamock et l'Umgallick des les Aloutiennes dpassaient quelquefois cent cinquante pieds.
:-- Oui, farceur, rpondit Ned Land. Puis, un beau jour l'animal plonge et entrane tous ses habitants au fond de l'abme.
:-- On prtend que ces animaux-l peuvent faire le tour du monde en quinze jours.
: Eh bien, capitaine, dis-je, il est temps encore, dans l'intrt mme des baleines...
:-- Devant lui, rpondait Conseil. Aprs tout, lorsqu'il ne pourra pas aller plus loin, il s'arrtera.
:-- Vous tes certain de ce fait, Ned, rpliquai-je, mais moi je ne le suis pas. Voil pourquoi je voudrais aller voir.
:-- Juste, monsieur, trs juste, rpondis-je en m'animant.
:Mon coeur battait. Allions-nous merger et retrouver l'atmosphre libre du ple ?
: A demain , me dit simplement le capitaine, et nous regagnmes le Nautilus au milieu des tourbillons de l'atmosphre.
:Mais ne peut-on dgager le Nautilus en vidant ses rservoirs, de manire  le remettre en quilibre ?
:Mes regards se portrent involontairement vers la vitre, mais je ne pus supporter le feu qui la dvorait.
: Le monde habit ! dit-il en secouant la tte. Soyez tranquille, ami Conseil, nous n'y reviendrons pas ! 
:Un quart d'heure aprs, Conseil, s'tant approch de moi, me dit :
:Arriver premiers ! Enfin, j'aurais d tre habitu  ces faons de parler !
:Le capitaine me comprit et me fit signe de le suivre. Nous rentrmes  bord. Mon scaphandre t, je l'accompagnai dans le salon.
:-- Ah ! s'cria-t-il, si mon Nautilus tait assez fort pour supporter cette pression sans en tre cras ?
: Aprs-demain, dit-il, les rservoirs seront vides ! 
: Nous russirons, dis-je au capitaine, aprs avoir suivi et contrl par de nombreuses remarques les progrs de l'opration.
:-- Non, Ned, repondis-je, elle ne valait pas plus. Personne n'est suprieur  un homme gnreux et bon, et vous l'tes !
:Conseil, confus de s'tre jet dans la banalit, n'acheva pas.
:-- Oui, monsieur, un baromtre naturel, qui ne m'a jamais tromp quand je naviguais dans les passes du dtroit de Magellan. 
:Aussitt, le voil renvers, les jambes en l'air, paralys d'une moiti du corps, et criant :
:C'tait la premire fois que le pauvre garon ne me parlait pas   la troisime personne .
:Ce qu'il fit le soir mme, mais par pure reprsaille, car franchement c'tait coriace.
:Cette pche termina notre sjour sur les parages de l'Amazone, et, la nuit venue, le Nautilus regagna la haute mer.
:-- Non, dis-je, des poulpes de grande dimension. Mais l'ami Land s'est tromp, sans doute, car je n'aperois rien.
:-- Ses yeux, placs  fleur de tte, n'avaient-ils pas un dveloppement considrable ?
:-- D'ailleurs, riposta Ned, si ce n'est pas celui-ci, c'est peut-tre un de ceux-l ! 
:Conseil obit, et fut trs tonn de n'prouver aucune sensation de chaud ni de froid.
:-- Et cela, quoiqu'il les ait dj fait connatre ?
:-- Oui. Je dsire tre fix une dernire fois. Parlez pour moi seul, en mon seul nom, si vous voulez.
:-- Mais je le rencontre rarement. Il m'vite mme.
:-- Soit. Aujourd'hui, je le verrai , rpondis-je au Canadien, qui, en agissant lui-mme, et certainement tout compromis.
:-- Mais moi, mes compagnons, nous sommes prts  garder ce manuscrit en rserve, et si vous nous rendez la libert...
:-- Ce droit, rpondit le capitaine Nemo, qui vous le dnie ? Ai-je jamais pens  vous enchaner par un serment ? 
:-- Je veux croire monsieur, rpondit Conseil. Quelle nue, quelle fourmilire !
:J'tais en ce moment sur la plate-forme. Lorsque son relvement fut termin, le capitaine pronona ces seuls mots.
:Quelques minutes plus tard, il s'arrtait  une profondeur de huit cent trente-trois mtres et reposait sur le sol.
:Je regardait  bbord et je ne vis rien que l'immensit des eaux tranquilles.
:-- Dites-moi, Ned, demandai-je, pouvez-vous reconnatre la nationalit de ce btiment ? 
:-- C'est peut-tre pour cela !  rpondit Ned Land en me regardant.
:Je voulus intervenir une dernire fois. Mais j'avais a peine interpell le capitaine Nemo, que celui-ci m'imposait silence :
:Le capitaine Nemo tait l. Muet, sombre, implacable, il regardait par le panneau de bbord.
:A six heures, je dnai, mais je n'avais pas faim. Je me forai  manger, malgr mes rpugnances, ne voulant pas m'affaiblir.
:C'est l que le Nautilus involontairement ou volontairement peut-tre
